Jacques Tati a réalisé ce film en 1958, après Les Vacances de Monsieur Hulot.
On y retrouve toute la fraîcheur poétique du cinéaste, qui excelle dans l'art de critiquer gentiment ses contemporains au travers de situations burlesques ou émouvantes. Le film oppose 2
mondes, celui de M. Arpel, "nouveau riche" à celui de son beau-frère M. Hulot, personnage rêveur et bohème.
Toute la poésie du film réside dans les détails : un simple geste, un simple bruit, une petite musique, sont bien plus importants et explicites qu'un dialogue, assez rares dans
l'oeuvre de Tati.
Rappelez-vous la drôle de maison de l'industriel, si avant-gardiste pour son époque, avec par exemple une cruche d'eau en verre incassable, rebondissant sur le carrelage de la cuisine quand on la
laisse tomber, ou bien le jardin avec un bassin et son jet d'eau que la maîtresse de maison s'empresse de mettre en route dès que quelqu'un sonne au portail, ou encore l'impression que la maison
a des yeux, quand ses habitants observent les passants à travers les deux fenêtres rondes comme des hublots.